C appadoce…
Nous ne pourrions avoir ici assez de place pour vous décrire cette région.

La Cappadoce c’est tout à la fois :

C’est un univers naturel : une terre étrange et fascinante ; une nature qui s’est surpassée ; un paysage des plus délirants ; un décor fantasmagorique et hors du commun ; un tableau surréaliste où la lumière décline tous les tons ; un véritable labyrinthe de pierre dans un monde lunaire façonné par l'érosion.

C’est un univers religieux et historique : le carrefour des routes antiques et médiévales parcourue par les marchands, les pèlerins et les conquérants ; le grand berceau de la religion chrétienne et une ancienne province romaine ; des centaines d’églises rupestres byzantines.

C’est un univers humain : un incomparable ensemble géologique et architectural dans lequel la vie troglodytique a atteint son apogée ; versants et falaises creusées, sols percés de galeries ; pics et cheminées de fées transformés en citadelles.

C’est une des premières région à recevoir la Bonne Nouvelle : Basile, Grégoire de Nysse et Grégoire de Naziance, exercent une influence décisive sur la théologie byzantine.

Située à 1100 m, au cœur de l’Anatolie, la Cappadoce est un haut plateau volcanique façonné par l’érosion millénaire en un prodigieux labyrinthe minéral où l’on déambule entre les cheminées de fées et forêts de pierres. L’histoire ayant aussi laissé ses marques (c’est ici que se réfugièrent les premiers chrétiens fuyant les invasions arabes), l’on y découvre un monde caché d’églises rupestres avec de magnifiques fresques et peintures au secret des grottes, des villes souterraines … Et pénétrer de plein pied au cœur de ce décor est un enchantement quotidien.


F ormation :
La formation des paysages de la Cappadoce, région volcanique, débuta il y a dix millions d'années. En effet, les volcans Erciyes, Hasan et Göllüdag entrèrent en éruption du miocène supérieur, jusqu'au pliocène (deux millions d'années). Les matériaux projetés, constituèrent le sol actuel de la Cappadoce : laves basaltiques sur les versants des volcans, poussières et cendres dans les environs constituant une couche de 100 à 150 mètres de profondeur, composée en outre de tuf, argile, grès, marne et agglomérat. L'alternance de périodes de calme entre deux éruption, ainsi que l'apparition de volcans de moindre importance au fil des millénaires généra une superposition de couches de poussières plus ou moins denses.

A la suite d'une intense érosion, le sol s'est lézardé ou désagrégé en donnant au paysage un aspect fantastique. Parfois, des ruisseaux ont entaillé le plateau en creusant d'étroits vallons. Ailleurs, là où le tuf est mêlé à des roches plus résistantes qui ont protégé de l'érosion les masses sous-jacentes, le plateau s'est usé en prenant des formes étonnantes. On rencontre alors, dans le fond des vallées, des cônes, des colonnes, des tours, des pyramides ou des aiguilles dont la hauteur peut atteindre jusqu'à une trentaine de mètres. Les cônes sont parfois surmontés d'un bloc de roche dure ralentissant le phénomène d'érosion sur les parois jusqu'au jour où le cône, miné par les eaux de pluie, ne pouvant plus supporter son chapiteau naturel, celui-ci sera précipité du haut de son socle, laissant les pointes s'effiler, les profils se régulariser au point d'atteindre des formes géométriques presque parfaites.


C heminées de fées :
Le ruissellement des eaux de surface, drainées ensuite par la rivière Melendiz et le fleuve Kizilirmak, ainsi que le vent, le gel et le soleil, ont attaqué cette couche de roche très tendre et formé de petites vallées. Certaines couches étant plus tendres que d'autres, l'eau s'est insinuée de plus en plus profondément dans le sol, laissant une couche plus dure vers la surface. Petit à petit, des petits morceaux de roche dure se sont trouvés isolés par rapport au plateau, et les couches situées en dessous de ce « chapeau –couche dure de la surface » naturel ont été protégées. Sont alors apparues, au gré des pentes, les cheminées de fées.

Les styles de ces ''cheminées'' sont assez variés, et sont fonction de la nature géologique du chapeau et de sa résistance à l'érosion, ainsi que la qualité et la composition du support.

Au fil du temps, le chapeau peut s'effriter, ou la colonne, à force d'être minée par la pluie s'affine tellement que le chapeau tombe. La cheminée de fée est condamnée et diminue rapidement de volume pour disparaître. Le paysage de la Cappadoce évolue donc sans cesse. D'autres curiosités observables en Cappadoce sont les plis sur les versants des vallées, formés par le ruissellement des eaux, entaillant la pente en formant des petites dépressions et en laissant des bosses.